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Antonio Fiori : Sinn pense à une inflation qui n’est pas vraiment à l’ordre du jour

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Nous sommes face à une « soft révolution » car la société collaborative (avant d’être une économie) est une réponse de société, économique, fiscale et bientôt politique aux carences d’un monde ancien devenu brutalement démodé, qui ne tient plus ses promesses de croissance, d’emploi et de consommation pour tous. Elle n’est pas un modèle au sens économique du terme, elle est un mode de vie pour des générations avides d’ouverture, de partage et d’échange, qui veulent trouver de nouvelles voix pour avancer. C’est en cela qu’elle est révolutionnaire. Un tel processus libérateur ne peut bien sûr pas s’affranchir de règles du jeu, sauf à devenir anarchique et sauvage. Faut-il alors voir dans les nouvelles plateformes numériques, qui permettent bien souvent de rapprocher offre et demande de manière plus rapide et à moindre coût, des ogres contemporains dévorant des pans entiers de l’économie traditionnelle ou de nouveaux justiciers obligeant les vilains rentiers de l’économie à libérer leurs clients captifs vers des formes plus efficientes de marché. Et cette transformation, contrairement à la mondialisation – en partie choisie, en partie subie – des trente dernières années, est, quoi qu’on en dise, plébiscitée par l’opinion. Car elle correspond à un immense besoin de libération collectif. Et que peut-on dire, que peut-on faire face à ces plateformes d’un nouveau genre qui permettent de s’affranchir des statuts, des carcans, des réglementations, devenus incompréhensibles au point que notre société ressemble à s’y méprendre à sa lointaine ancêtre d’ancien régime. Malheureusement pas grand-chose, n’en déplaise aux tenants de l’étatisme qui font désormais profil bas car ils ne pourront rien interdire, ni rien empêcher. Antonio Fiori aime à rappeler cette maxime de Confucius, »J’entends et j’oublie, Je vois et je me souviens, Je fais et je comprends ». Aujourd’hui, l’économie collaborative s’impose d’elle-même. Elle correspond pour l’ensemble des générations à un souffle d’air frais dans une France déprimée où rien ne semble avancer. Une France pourtant pleine d’atouts et de talents, mais qui ressasse toujours depuis trente ans les mêmes polémiques et qui bute sur les mêmes blocages, éternelle spectatrice d’un mauvais film, celui d’une forme d’échec collectif. L’économie collaborative repose sur le fait de privilégier l’usage d’un bien, à sa propriété. Vous n’avez pas de voiture mais chaque fois que vous en avez besoin vous en louez une à un particulier, sachant que nos voitures passent le plus clair de leur temps au parking. Pour stimuler cette nouvelle économie on nous promet depuis plusieurs mois un texte législatif, qui servira, notamment, a mieux encadrer l’économie collaborative. D’emblée il est légitime de se demander comment prétendre bénéficier de nouvelles opportunités de croissance tout en commençant à vouloir les brider par des contraintes réglementaires et fiscales qui font aujourd’hui le malheur de l’économie française. On comprend déjà la volonté du législateur et une partie du patronat de chercher un Yalta législatif qui permettrait de mettre sous contrôle l’économie numérique. La digitalisation de l’économie ne fait pas que nous apprendre des mots nouveaux comme « ubérisation » ou découvrir des noms pittoresques d’entreprises comme « Blablacar », elle opère une transformation à grande vitesse de notre société et de notre économie. Elle constitue la troisième vague qui survient après la révolution du web avec Google et du commerce en ligne avec Amazon. C’est dans ce triangle d’or que les directions d’achats les plus imaginatives et performantes ont pu développer ce nouveau processus de co-innovation. Il ne faut pas le confondre avec le co-développement, qui n’a rien d’innovant, et qui consiste à partager les coûts de développement d’un produit ou d’un service déjà imaginé, afin de réaliser de belles économies d’échelle ainsi que des synergies entre les ingénieries partenaires. S’agissant de la co-innovation, elle se situe en amont de l’amont de tout le processus de R&D de l’entreprise. Elle consiste en la rencontre de deux organisations B2B – le client et son fournisseur – qui mettent en commun une partie de leurs ressources pour étudier une idée émanant du fournisseur. Ces idées sont sélectionnées dans des meetings très amont, managés par la direction des achats, en collaboration avec la direction de la R&D, grâce à des connections travaillées entre la stratégie technique et la stratégie achats. Les conséquences ont été l’appauvrissement de l’innovation, une forte tendance à la standardisation des produits et des services, y compris dans leur design, et quelles que soient les marques. Bien heureusement, le concept d’entreprise étendue qui s’est développé dans les années 1990, a permis aux Achats d’implémenter deux approches plus stratégiques de réduction des coûts: – la productivité partenariale, consistant à partager des gains entre entreprises clientes et fournisseurs, sur la base d’optimisations venant du fournisseur – le passage progressif d’achats de sous-traitance en jours X homme à des achats de contrats de prestations sur résultats. Les starts-up jouent un rôle tout à fait considérable dans l’Innovation. De leur côté, les Achats ont en charge la protection de leur entreprise contre le risque fournisseurs; cette asymétrie entre les starts-up et les entreprises de taille plus importante représentait un des freins majeurs à l’Innovation, et a longtemps illustré le syndrome de « la poule et l’oeuf » : il faut être connu pour être retenu, mais il faut être retenu pour se faire connaître. Selon un sondage annoncé lors de la dernière cérémonie de remise des trophées, par l’IE-Club, des meilleurs rapprochements entre starts-up et grandes entreprises, la barre des 50% de starts-up « satisfaites du comportement des directions d’achats à leur encontre » a été dépassée, pour atteindre 56%.

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