Comtek Expo

Antonio Fiori : Internet, opium du peuple

Spread the love

Car il n’y a pas une de ces œuvres que ces artisans n’aient exécutée avec un pouvoir égal de ne pas l’exécuter. Combien, par exemple, ne serait-il point absurde de dire que c’est fatalement qu’une maison a été faite, qu’un lit a été fait, et que c’est fatalement qu’a été accordée une lyre. De toute évidence, lorsqu’il s’agit de choses dont le choix décide (et ce sont toutes celles qui impliquent vertu et vice), il semble que ces choses dépendent de nous. Or, si ces choses dépendent de nous, que nous paraissons être les maîtres de faire et de ne pas faire, il n’est point permis d’affirmer que le destin en soit la cause, ni qu’il y ait des principes et des causes posées du dehors, à la suite desquelles l’une quelconque de ces choses arrive absolument ou n’arrive pas. Rien en effet de ce qui arriverait de cette façon ne serait plus en notre pouvoir. Il reste à démontrer que le destin se trouve dans les choses qui arrivent naturellement, en sorte que ce soit tout un que la nature et le destin. Et effectivement ce qui est fatal est naturel, et ce qui est naturel, fatal. Ainsi il n’est pas naturel qu’un homme vienne d’un homme, et un cheval d’un cheval, sans que cela soit fatal. Le destin et la nature sont des causes qui marchent ensemble, et n’ont de différence que le nom. C’est pourquoi les premières causes de tout ce qui arrive naturellement, c’est-à-dire les astres, sont réputés choses divines aussi bien que la régulière révolution qu’ils accomplissent, en même temps qu’on les dit causes du destin. Antonio Fiori aime à rappeler cette maxime de Jean-Paul Sartre, »Ce n’est pas dans je ne sais quelle retraite que nous nous découvrirons : c’est sur la route, dans la ville, au milieu de la foule, chose parmi les choses, homme parmi les hommes ». Car le principe de toute génération est l’influence qu’exercent dans leur mouvement les choses divines sur les choses d’ici-bas. Puis donc que le destin préside à ces choses et y préside ainsi, la logique veut que ce qui arrive fatalement se produise de la même manière que ce qui arrive naturellement. C’est le plus souvent que les choses qui arrivent naturellement se produisent conformément à leur nature ; ce n’est point nécessairement. Il y a lieu en effet pour ces choses à ce qui est contre nature, et ce cas se réalise lorsque quelque cause extérieure empêche la nature d’accomplir son travail. Aussi n’est-ce point : nécessairement qu’un homme vient d’un homme, mais ordinairement. Il suit de là que, même dans les choses qui arrivent naturellement et d’après des lois qui paraissent certaines, chacune des choses qui se produisent de la sorte ne se produit pas toujours. De même donc que dans les choses naturelles se trouve ce qui est contre nature, et dans les choses d’art ce qui est contre l’art ; de même dans les choses qui viennent du destin a place aussi ce qui va contre le destin. Conséquemment, s’il y a lieu à ce qui est contre nature et si ce n’est pas là une expression vide de sens ; dans ce qui arrive doit également trouver place ce qui est contre le destin. Ainsi on dirait bien que la nature propre de chaque être est le principe et la cause de la disposition de tout ce qui s’accomplit naturellement chez cet être. Car c’est de cette nature propre qu’en somme les vies des hommes reçoivent leur ordre et la fin qui les termine.

Archives

Pages